9 avr

Une belle Escale, et pas que sur le papier

Une belle Escale, et pas que sur le papier
Les 5, 6 et 7 avril, l'Escale du livre a rassemblé artistes, professionnels, passionnés, curieux et ... votre portail Médiathèques!

Photo de couverture : droits réservés Sanna Lindberg / Collection Matton

Des mots, des images et des sons à foison

Le weekend dernier, le temps maussade n’a pas découragé les visiteurs de l’Escale du livre, qui étaient encore nombreux cette année pour ces trois jours d’immersion dans le monde du livre sous toutes ses formes. Le salon, rassemblant auteurs, éditeurs et libraires, est propice à la déambulation et reste le lieu pour feuilleter, rencontrer les auteurs ou se faire dédicacer un ouvrage. Mais l’Escale, c’est aussi et avant tout une programmation variée et très fournie, à tel point qu’on ne sait plus où donner de la tête.  La rencontre avec Marie N’Diaye, Goncourt 2009, ou celle avec Willem, Grand Prix d’Angoulême 2013 ? Les empêcheurs de tourner en rond des Requins Marteaux ou l’académicien Michel Déon ? Et après les grands entretiens, débats et autres rencontres, les réjouissances se poursuivent, et là encore le choix est offert sur la façon de passer la soirée : se lâcher devant un battle de DJ, ou en prendre plein les yeux et les oreilles avec un concert dessiné ou une lecture performance.

Une soirée de clôture remarquée : l’auteur Emmanuel Moynot joue avec les Hurlements d’Léo.

Une belle Escale, et pas que sur le papier

Parmi les temps forts de la manifestation, la lecture à guichet fermé de Soie par son désormais célèbre auteur Alessandro Baricco, accompagné pour l’occasion de l’illustratrice Rebecca Dautremer, ou le grand entretien de l’égyptien Alaa El Aswany, dont le tapage de L’immeuble Yacoubian a fait grand bruit. Côté BD, le québecois Michel Rabagliati, auteur de la série Paul qui a reçu le prix du public 2010 du festival d’Angoulême, est revenu sur la genèse de son œuvre avec un humour et une sincérité désarmante. L’innovation et la technologie ont aussi été au rendez-vous, avec des interventions comme celle de François Bon qui a présenté sa plateforme de vente d’édition de livres numériques Publie.net, ou Brüno, auteur de Lorna, et l’un des membres fondateurs de Professeur Cyclope, toute récente revue numérique de bande dessinée. La musique elle-même n’est pas en reste avec la présence de la fédération de labels indépendants d’Aquitaine, la FEPPIA, et les bizarreries sonores et performances sur le stand des éditions Nak Qu’un Œil.

Michel Rabagliati présente Paul, son alter ego dessiné.

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Génération Escale : lycéens et apprentis à l’assaut du festival

Qui sont ces adolescents qui arpentent le Salon, papier et crayon en main, dés son ouverture ? C’est la "Génération Escale", des 15-25 ans armés d’un jeu de piste à élucider en visitant les différents stands, d’un chèque-livre d’une valeur de 15 euros financé conjointement par la Région Aquitaine et l'Escale du livre, et qui ont surtout bénéficié d’un accompagnement en amont pour mieux s’approprier la manifestation... En effet, pour la troisième année consécutive, l’agence ÉCLA Aquitaine élabore une programmation spécifique pour les jeunes inscrits dans des projets de slam et d'écriture au Festival des lycéens et des apprentis d'Aquitaine, avec des événements, rencontres ou spectacles ouverts ou non au reste du public. La dimension ludique et l’innovation sont clairement mises à l’honneur, à travers des propositions décalées et modernes. Au cœur de ce projet, l’Escale des lycéens, temps intermédiaire de rencontres né de l’association entre le Festival des lycéens et l'Escale du livre, qui a pour objectif « de permettre aux jeunes porteurs d’un projet artistique dans les domaines de l’écriture ou du slam de profiter pleinement de la manifestation et d’y puiser de quoi alimenter leur travail ».

Une belle Escale, et pas que sur le papier

Le moment-clé de cette Escale des lycéens : une performance-concert réalisée par les Editions le Bleu du ciel avec les artistes Didier Vergnaud, Mathias Pontévia et Yan Saboya, rejoints le temps d’un échange avec les lycéens par Pierre Mabille, auteur et plasticien, afin de répondre aux questions des jeunes et de leur faire partager leur univers.

Un univers décalé qui n'a laissé personne indifférent, pas même les enseignants : "Surprise, étonnement, sentiment parfois d’être perdue, désorientée" témoigne l'un d'entre eux. "Tous les sens sont à l’épreuve !"

Une belle Escale, et pas que sur le papier

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La performance a été suivie d'un échange avec les lycéens. Didier Vergnaud, directeur de collection du Bleu du ciel, raconte : "Les lycéens ont fait Escale dans une contrée apparemment encore inexplorée, hors des sentiers qui leur sont jusqu'alors proposés. Les plus curieux ont assisté avec attention à une approche de la maison d'éditions plutôt surprenante[...]. À l'occasion de l'échange, les lycéens ont soulevé des questions judicieuses, sur le réel, sur le regard "des autres" et la façon d'assumer choix et partis pris" et de conclure ainsi : "Dans tous les cas, des esprits marqués à la sortie!"
 
Debout, Didier Vergnaud; assis de gauche à droite, Yan Saboya, Mathias Pontévia et Pierre Mabille.
Une belle Escale, et pas que sur le papier
 

Des esprits marqués et une proposition faisant directement écho au travail d'écriture et de mise en musique mené par les jeunes dans le cadre du festival des lycéens : "Le choix de cette performance était pertinent puisqu’il soulignait la spécificité du travail mené par nos élèves et mettait l’accent sur l’importance du travail de préparation […] pour que texte et musique trouvent leur place" nous apprend une enseignante. "Moi, j’ai lu le 1er mot de chaque diapo et une véritable histoire m’est apparue" s’enthousiasme une élève.

Rendez-vous est donc pris maintenant par les lycéens pour les deux jours du Festival, les  25 et 26 avril au Rocher de Palmer de Cenon (33), où cette fois, ils présenteront eux-mêmes leurs propres travaux de création littéraires !

Libraires, éditeurs, auteurs et … médiathèques !

Tout juste inauguré, le portail Médiathèques a lui aussi pris place sur un des stands du Salon, accueilli par  les étudiants de l’IUT Métiers du livre, filière bibliothèque évidemment. Pendant ces trois jours, cinq étudiants se sont relayés pour assurer l’information à propos du portail et des services qu’il propose. Ce fut aussi pour nous l’occasion d’en savoir plus sur leur vision du numérique en tant que futurs professionnels des médiathèques (voir encadré ci-dessous) et du portail Médiathèques ! Allez, un petit florilège : « Le portail CUB illustre parfaitement les avantages du numérique », « un portail riche en services et permet de se renseigner très rapidement sur les bibliothèques de la CUB », « on peut donc dire qu’à l’image du portail CUB, le numérique reste tout de même un grand pas vers l’avant lorsqu’il est exploité correctement ».  

Des étudiants de l’IUT se sont rendus disponibles sur tout le temps du festival pour parler de leur formation, mais aussi du portail Médiathèques.

Une belle Escale, et pas que sur le papier

Médiathèques et numérique, paroles d’étudiants.
"Une bibliothèque sans livre ne doit pas nous scandaliser".

On a voulu en savoir plus, et c’est quasiment un manifeste sur le numérique que nous ont rédigé les étudiants de l’IUT Métier du livre, que nous vous livrons ici :

« On ne peut pas ignorer le numérique. Nous vivons avec, il faut donc envisager l’avenir mais aussi le présent avec lui. […] L’ère du numérique a entraîné une meilleure communication entre les acteurs du monde du livre mais aussi entre professionnels et usagers des bibliothèques.

Services de questions-réponses, prêt entre bibliothèques, catalogues communs, interfaces communes… Le numérique a accéléré les techniques de communication et d’échange, les acteurs de la chaîne du livre peuvent désormais collaborer plus facilement et mutualiser leurs ressources. […]

Le numérique pose de nombreuses interrogations dans le monde du livre : l’affaire Google par exemple montre comment des notions comme le droit d’auteur sont complètement remises en question. [Il] permet aussi de conserver des ouvrages fragiles, rares et anciens et d’y accéder facilement et rapidement. Les chercheurs peuvent ainsi visualiser des textes auxquels ils n’avaient pas accès auparavant et les manipuler à leur guise. Le livre numérique est indispensable pour les personnes ne pouvant plus sortir de chez elles et pour les habitants de zones rurales. […]

Les nouvelles technologies peuvent avoir des effets néfastes si elles sont utilisées à mauvais escient (piratage, hackers, virus…), il est donc important que les bibliothèques se posent comme médiateur sur les questions de sécurité et de prévention. Il ne faudrait pas fuir le progrès mais plutôt réfléchir à un moyen de l’exploiter au mieux et s’adapter aux nouveaux usages ».

Rédigé par Pauline Alary, Victor Didier, Guillaume Fournier, Maëllie Ménard, Anaig Trébern, le 6 avril 2013.